Les notions de base en photographie de paysage

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Que ce soit en photographie de paysage, ou en photographie de manière générale, des bases sont indispensables à acquérir si vous voulez sortir du mode automatique, et développer votre propre style, votre propre créativité.

Plusieurs éléments sont donc à maîtriser. On en compte principalement 3, que l’on appelle le triangle d’exposition. Il est composé de l’ouverture, la vitesse d’obturation, et les ISO. Détaillons ce que sont chacun d’eux, et passons ensemble au mode Manuel (M) de votre appareil photo.

Premier réglage : l’ouverture

L’ouverture concerne le diaphragme de votre objectif photo. Si vous décomposez un objectif, vous avez des lames qui sont assemblées de façon à former un cercle. Le diamètre de ce cercle correspond à l’ouverture. Ce diaphragme va donc laisser entrer plus ou moins de lumière.

L’ouverture est caractérisée de manière suivante : « f/x » dont les valeurs vont de f/1.2 à f/22. De façon détaillée, ceci donne : f/1.2, f/1.4, f/1.8, f/2, f2.8, f/3.5, f/4, f/4.5, f5.6, f/6.3, f/8, f/9, f/11, f/13, f/16, f/18, f/20, f/22.

Concrètement, que se passe-t-il lorsque vous changez votre ouverture ?

Et bien celle-ci impacte directement votre profondeur de champ, qui représente la zone de netteté sur votre photo. En photographie de paysage, on ne veut évidemment pas un arrière-plan flou.

C’est notamment dans la photographie de portrait que ça devient intéressant, puisque cette profondeur de champ permettra d’avoir un arrière-plan flou et donc d’isoler votre sujet.

En photographie de paysage, on recherche plutôt à avoir la plus grande netteté possible. Pour cela, votre ouverture doit être faible. Vous aurez donc tendance à ne pas tendre vers f/1.2, mais plutôt rester aux alentours de f/11, selon l’optique que vous utilisez.

Plus la valeur du f/ est grande, moins votre ouverture va être grande, et donc, moins la lumière va entrer.

Second réglage : la vitesse d’obturation

Ce réglage concerne l’obturateur de votre appareil photo. C’est un mécanisme à rideaux qui vient recouvrir le capteur de votre appareil lorsque vous ne prenez pas de photo. Quand vous déclenchez pour prendre une photo, ce rideau va s’ouvrir, de façon plus ou moins rapide. C’est la vitesse d’obturation.

Celle-ci est caractérisée de la façon suivante : 1/x, allant de 1/8000 à 30 secondes et plus (en mode Bulb, que je vous détaillerai dans un prochain article).

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Copyright – Kym Ellis

Concrètement, qu’est-ce qu’impacte la vitesse d’obturation ?

La vitesse d’obturation permet d’exposer plus ou moins longtemps votre capteur à la lumière. Plus le chiffre 1/x est élevé, moins la lumière ne passe.

Donc, si vous êtes en plein jour, vous aurez une vitesse d’obturation élevée, 1/4000 par exemple. La nuit, vous devrez baisser votre vitesse pour faire rentrer une plus grande quantité de lumière sur votre capteur, et ainsi ne pas vous retrouver avec une photo toute noire 😊

La vitesse d’obturation en photographie de paysage

En photographie de paysage, la vitesse d’obturation est importante. Elle n’est pas importante dans le sens « figer les éléments », comme dans la photographie de sport par exemple. En revanche, cette vitesse va permettre de bien exposer votre photo, et de faire ce que l’on appelle de la pose longue.

Attention, plus vous descendez votre vitesse, plus vous risquez d’avoir un flou de bouger si vous n’utilisez pas un trépied ! Il est donc indispensable d’investir, ou de trouver un moyen sur place de stabiliser votre appareil photo, afin que celle-ci soit nette.

Troisième réglage : la sensibilité ISO

La sensibilité ISO, c’est la sensibilité du capteur à la lumière. Cette sensibilité va le plus souvent de 100 à 12800, voire plus. Plus vous montez dans les ISO, c’est-à-dire plus vous allez vers ISO 12800, plus la quantité de lumière sera grande. En revanche, plus vous aurez du bruit sur votre photo.

La gestion des ISO dépend totalement de votre appareil photo. Plus vous avez un appareil photo haut de gamme, plus celui-ci gère bien les ISO, et donc moins il y a de bruit sur la photo.

Ce bruit peut être corrigé via Lightroom, cependant, s’il y a trop de bruit, votre photo ne sera tout bonnement pas exploitable.

Concrètement, comment régler ses ISO en photographie de paysage ?

En photographie de paysage, vos ISO doivent être les plus bas possibles, et doivent donc tendre vers ISO 100. Choisissez la plus petite sensibilité ISO permise par votre appareil.

Une situation dans laquelle vous aurez absolument besoin de monter dans vos ISO (et donc aller vers ISO 3200 ou plus), c’est en photographie d’étoiles. Cependant, pour aujourd’hui, restons dans des conditions de photographie « normales ».

Maintenant que vous connaissez les trois réglages principaux, il va falloir comprendre le lien entre les trois, et l’impact qu’à chacun des éléments sur les autres. Ça se complique, mais rien d’insurmontable croyez-moi 😉

Le triangle d’exposition en photographie de paysage

Première chose, si vous ne faites pas d’astrophotographie, gardez votre sensibilité ISO la plus basse possible. Moins de lumière entrera, mais l’utilisation d’un trépied viendra solutionner le problème.

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Copyright – Mohammad Alizade

Ensuite, il vous reste deux réglages à déterminer, à savoir la vitesse d’obturation, et l’ouverture.

Précédemment, je vous disais que votre ouverture devait être aux alentours de f/11 en photographie de paysage. Vous pouvez osciller entre f/9 et f/13 sans problème, si vous avez besoin d’un peu plus de lumière sur votre photo. Mais restez dans ces eaux-là.

Reste donc la vitesse d’obturation. Autant dire qu’il n’y a pas vraiment de problème qui se pose devant vous, car la vitesse, même si elle doit être basse, peut l’être, à condition d’utiliser un trépied bien sûr ! Vous l’aurez compris, c’est un investissement incontournable en photographie de paysage.

En plein jour, vous aurez tendance à avoir une vitesse d’obturation aux alentours de 1/4000. En coucher de soleil, celle-ci pourra descendre à 1/25 sans problème. Durant l’heure bleue (juste après le coucher du soleil), ce sera en secondes que vous compterez.

Il n’y a pas de choix prédéfinis. Je ne peux pas vous dire mettez-vous à une vitesse de 1/50 en coucher de soleil, car cela dépend de la lumière qu’il y a autour de vous. Mon conseil donc : testez !

Surtout au début, lorsque vous vous sentirez un peu perdu, n’hésitez pas à tester. L’avantage des appareils numérique, c’est que si la photo n’est pas bonne, vous pouvez l’effacer et la refaire.

Commencez donc par choisir une vitesse d’obturation, et ajustez-la selon le résultat. La photo est sous-exposée ? Vous manquez de lumière, donc baissez votre vitesse.

Si vous étiez à 1/125, passez à 1/60, puis à 1/15, ainsi de suite, jusqu’à être bien exposé. Au contraire, si vous avez trop de lumière, augmentez votre vitesse.  Passez à 1/400, puis à 1/800, ainsi de suite, jusqu’à trouver la bonne exposition.

Vous comprendrez l’utilité de maîtriser ces éléments, car parfois vous aurez envie, dans une démarche artistique, de surexposer votre photo, ou au contraire de la sous-exposer. De même que la volonté de réaliser de la pose longue, pour donner un autre aspect au rivières, lacs et autres cascades que vous rencontrez sur votre chemin.

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Copyright – Mahkeo

Ne vous inquiétez pas, tout ces réglages vous paraissent sans doute abstraits, mais en pratiquant, vous comprendrez l’impact des uns sur les autres, et au bout de quelques semaines, tout ceci deviendra instinctif. Persévérez !

Dans un prochain article, je vous expliquerai comment réaliser une pose longue. En attendant, maîtrisez ces réglages, de façon à être prêt pour la prochaine étape 😉

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